Rendu obligatoire depuis 2014 pour tous les employeurs, l’entretien professionnel a du mal à se faire connaître, en particulier dans les petites entreprises, note une étude du Céreq. Ce rendez-vous dédié à la carrière du salarié semble pourtant fonctionner dans les entreprises : il débouche souvent sur une formation ou une promotion.

Entretien professionnel ou entretien d’évaluation ? La confusion entre ces deux dispositifs semble toujours fréquente, si l’on en croit une étude du Céreq (centre d’études et de recherches sur les qualifications) publiée le 14 juin 2018 : 80 % des salariés interrogés signalent qu’une partie de l’entretien professionnel qu’ils ont mené a été consacrée à l’évaluation de leur travail. Pourtant, tel n’est pas l’objectif de l’entretien professionnel, issu de la loi Formation de mars 2014. Ces entretiens doivent au contraire être distincts des entretiens d’évaluation, et n’envisager que les perspectives d’évolution professionnelle du salarié. Depuis avril 2014, toutes les entreprises sont tenues d’organiser de tels entretiens tous les deux ans, quels que soient leur taille et leur secteur d’activité. Toutefois, l’étude du Céreq montre que la diffusion de ce nouvel outil reste difficile.

Des blocages dans les petites structures

Les chiffres le prouvent : le dispositif ne reste pour l’instant réservé qu’à des entreprises plutôt grandes et particulièrement outillées dans le domaine de la gestion de ressources humaines. Ainsi, les trois-quarts des salariés des entreprises de 250 salariés et plus déclarent avoir participé à un entretien. Dans ces grandes structures, l’entretien professionnel sert souvent de cadre aux salariés pour exprimer leurs souhaits d’évolution, dans le prolongement des entretiens annuels d’évaluation. En parallèle, seulement un quart des salariés de très petites entreprises (TPE) et moins de la moitié des salariés des entreprises de 10 à 49 salariés ont participé à un entretien professionnel, signale l’étude.

Au total, fin 2016, 57 % des salariés présents dans la même entreprise depuis plus de deux ans ont déclaré avoir participé à un entretien professionnel en 2015 ou en 2016.

© CNEFP-Céreq

Un entretien sur trois débouche sur une formation

De leur côté, les salariés se sont-ils emparés de ce nouveau rendez-vous, censé les aider à identifier leurs besoins de formation ? Il semble que oui, note le Céreq qui constate que « l’entretien professionnel paraît bien être un cadre pour élaborer des projets de formation et de carrière ». Huit salariés sur dix ayant mené un entretien professionnel a abordé la question de ses besoins de formation et de ses perspectives de carrière.

Les projets de formation et d’évolution des salariés semblent même se concrétiser relativement souvent à l’issue de ces entretiens. Un peu plus d’un tiers des entretiens professionnels déboucheraient ainsi sur une formation, 11 % sur une promotion et 12 % sur un changement de poste ou de fonction.

Source – Actuel CE
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